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Whisky Schiff Zürich, 2015, 26-29 November

http: //www.whiskyschiff.ch

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Avec les premières neiges et les chutes de température qui les accompagnent, arrive le Whisky Schiff Zürich, l’événement suisse maltesque le plus important de l’année.

Malheureusement, c’est une partie de l’année très chargée pour moi, mais j’ai quand même réussi à me libérer quelques heures pour m’y rendre. Au cours de cette année, j’ai visité un certain nombre de salon de whisky. Planifié fin novembre, le Whisky Schiff Zürich est une excellente occasion pour y déguster les tous derniers embouteillages sortis pour les fêtes de fin d’année.

En se rendant cette fois le premier jour du salon, je m’attendais à une participation plus faible que le vendredi, tout en permettant de déguster les nouveaux embouteillages, y compris les plus attendus qui ont tendance à disparaître très rapidement.

Comme toujours, les impressions ci-dessous sont celles ressenties lors du salon. Tous ces whiskies seront redégusté ultérieurement en conditions standard.

les embouteillages spéciaux pour le Whisky Schiff chez Monnier

Pour ce Whisky Schiff, plusieurs détaillants ont fait des embouteillages spéciaux. Ayant survolé le stand de Monnier lors des derniers, j’ai décidé de commencer par eux et le Caperdonich 1994 For The Whisky Schiff de Monnier. Cet embouteillage était bien équilibré et harmonieux, floral, légèrement épicé, et avec une léger agréable fruité. Les amateurs de Caperdonich ne devraient pas être déçus. Le Glen Spey 1981 Whisky Schiff 2015 de Monnier est une version limitée à 95 bouteilles. Le whisky était moelleux, doux, malté, légèrement boisé, de douces notes de melon, de mandarine et de miel. La rondeur était des plus agréables. Il s’agit du Glen Spey le plus complexe que j’ai dégusté. Le Littlemill 1988 Kreuzritter pour Monnier était une version relativement épicé, légèrement citrique, acidulée et sur le pamplemousse, alors que le Littlemill 1990 24 ans Fighting Fish était moins citrique et acidulée, plus ronde et avec un peu de miel. Mon préféré était le Littlemill 1992 Old Passenger Ship, avec un caractère plus classique, rond, intense, herbacé, mielleux et avec un bel équilibre.

La sélectiobn Fighting Fish de Monnier

Le Glen Garioch 24 ans Fighting Fish pour Monnier était très bon, aromatique, intense, complexe, doux, bien équilibré et relativement fumé et tourbé, que l’on peu encore rencontré certains Glen Garioch distillés jusqu’en 1990.  Le Port Dundas 1978 35 ans Fighting Fish était rond, sur le grain, l’orange, et avec une légère influence végétale et caoutchouteuse. L’influence de l’Oloroso était dominante. La sélection de Monnier était bonne et diversifiée, tandis que ma première expérience avec la gamme Fighting Fish était très positive.

Chez Paul  Ullrich, mon choix s’est porté sur deux embouteillages récents de Compass Box, en commençant par le Flaming Heart, un whisky intense, boisé et légèrement tourbé. Son intensité et les épices boisées m’ont quelque peu surpris. Je m’attendais à quelque chose de plus doux et rond. Le « This is not a luxury whisky » était un blended whisky très doux, légèrement floral, bien équilibré et harmonieux.

La sélection de Compass Box chez Paul Ullrich

Alexander Weine est l’importateur de la Wolfburn Whisky Company, une distillerie, qui a commencé de distiller son whisky il y a prés de 3 ans, au nord-est de l’Ecosse (à Thurso, Caithness). Harry Tayler, le PDG de la distillerie a fait le voyage depuis l’écosse pour présenter son distillat pour le Whisky Schiff 2015. Les étiquettes étant arrivées juste avant son départ, les bouteilles furent étiquetées à la main dans sa chambre d’hôtel pour cette première mondiale. Le distillat étant âgé de 34 mois, il ne peut être légalement appelé whisky, mais il sera en âge dans 2 mois. La production utilise de l’orge non-tourbée, mais depuis les premiers tests en 2014 avec de l’orge moyennement tourbée (10 ppm) et l’écho positif des clients, la production de whisky à partir d’orge tourbée sera régulière. Les futs utilisé sont des sherry butts, quarter casks et standard barrel, avec les fûts de sherry réservé pour des single casks. La version de 34 mois est maturé en quarter cask. Le distillat était surprenamment mature,  riche et épicé, sans les arômes de new make que l’on rencontre fréquemment dans les très jeunes whiskies. Une bonne surprise et une distillerie à suivre (note : sa production annuelle est de 100'000 litres d’alcool pur).

Le distillat de Wolfburn age de 34 mois.

Chez Best Taste Trading, j’ai pu dégusté le nouveau batch de Ledaig 18 ans, OB  affiné en fût de sherry. Un très beau whisky tourbé, salé, avec une douce et ronde influence du sherry et des arômes cendrés. Bien équilibré et très rond. La qualité des Ledaig embouteillés ces dernières années est très bonne, et celui-ci ne fait pas exception.

Le nouveau batch de Ledaig 18 ans

Acla-da-Fans ont lancé un nouveau North of Ireland (Bushmill) 27 ans jointement avec The Whisky Agency. Le résultat est un excellent single malt irlandais, très doux, rond, légèrement gras, avec de riches et intenses douces notes fruitées (fruits cuits du verger, un peu de melon et diverses baies), bien équilibré et avec une longe agréable sensation en bouche. Pour le Whisky Schiff 2015,  le Glen Moray 1988 embouteillé jointement par Acla Selection and The Whisky Agency était moelleux, très doux, malté, avec de douces et riches notes fruitées sucrées qui disparaissait rapidement. L’Imperial 1995 Signatory pour Acla Selection était agréablement fruité, floral et complexe, avec diverses épices, une bonne intensité et quelques notes rondes et fruitées. Un Imperial bien fait. Le Tullamore Dew  12 YO Single Malt Sherry Cask Finish for Travel Retail était un whisk(e)y Irlandais single malt très doux, riche, avec quelques épices vertes, de la vanille, un peu d’orange et de mandarine. Très bon. A 42 CHF la bouteille d’1L, il s’agit d’un single malt avec un des meilleurs rapport/qualité prix que j’ai vu depuis longtemps. Chaudement recommandé. L’Invergordon 30 ans Circus est un des derniers embouteillages de The Whisky Agency. Il est frais, intense, légèrement huileux, doux, avec d’agréables douces notes fruitées, sur l’abricot, la pêche, la mandarine, l’orange et le cuir. Un des meilleurs whiskies de grain maturé en fût de sherry que j’ai dégusté. Le Macallan Rare Cask Black est une version Travel Retail de la version Rare Cask, avec une influence plus lourde du sherry et une certaine dose de caoutchouc. L’influence du caoutchouc est trop forte à mon goût et la sensation en bouche et épaisse et sirupeuse. Mon meilleur whisky de la soirée fut le légendaire Linkwood 1957 12 ans  56.9%, OB, sélectionné par Giaconne et embouteillé pour Samaroli, sur une combinaison parfaite entre la douceur, le fruit, la complexité, l’influence douce du sherry et une légère fumée tourbée du plus bel effet.

Une partie des embouteillages disponible chez Acla-Selections

Le Connemara Peated 22 YO OB était un whisk(e)y Irlandais doux, moelleux et modérément tourbé, avec une légère brise marine et qui manquait un peu d’intensité à mon goût. Le nouveau Highland Park Thorfinn est la dernière addition de la série Warrior d’Highland Park, et la plus chère également. Le Glenfarclas 1996 Oloroso Sherry pour l’Allemagne était végétal, rond et caoutchouteux. Pas un whisky pour moi. Le Mortlach Special Strength OB for Travel Retail était un Mortlach très agréable, rond, épicé à très épicé, complexe, avec une belle influence du sherry, sans être caoutchouteux. Le profil aromatique me rappelle le Mortlach 16 ans Fauna & Flora, avec une influence plus légère du sherry, un peu moins de complexité, mais avec plus d’intensité. Le Talisker Dark Storm For Travel Retail est une version très fumée de Talisker, avec une profonde influence des fûts carbonisés (deep charred) et sur le sucre brûlé. Une version bien différente du 10 ans, plus fumée, moins tourbée, ni les arômes poivrés. Le Laphroaig 16 ans pour le The Whisky Fair 2015 était très doux, tourbé, fumé, maritime, avec une riche, douce influence fruitée du sherry. Très bon. Par comparaison, le Laphroaig 16 ans, OB, 43% For Travel Retail, récemment lancé, était moins intense, plus doux, moelleux, propre, relativement fumé et avec de légères douces notes fruitées. Bon. Le nombre de nouveaux embouteillages pour le Travel Retail était impressionnant et de qualité variable, mais les whiskies étaient généralement onéreux. Acla da Fans est un magasin relativement unique, car situé sur territoire Suisse (au fonds des Grisons), mais qui dispose de statut de zone franche (sans taxes), au même statut que les duty free dans les aéroports, ce qui lui permet de disposer des produits Travel Retails. Après avoir dégusté tous ces nouveaux produits, il était temps de déguster ce qui se trouvait dans le « Fass » (tonneaux), ou sont conservés les raretés.

Le fameux tonneau avec les produits rares d'Acla da Fans

 

L’Highland Park 1972 24 ans de The Bottlers était un Highland Park des plus agréables, légèrement tourbé et fumé, sur le miel de bruyère et une agréable douce influence juteuse d’un ex-fut de sherry, avec des arômes équilibrés. Harmonieux et très bon. L’Highland Park 1990 Centenary de Gordon & MacPhail était légèrement moins intense, et avec une influence très fruitée (orange et mandarine) du sherry. Bien qu’il soit de couleur très intense, l’influence du sherry était douce, sans amertume ou caoutchouc. Il était d’avantage sur les baies que le 1972 The Bottlers, mais de même qualité. En parlant de Dark Sherry, le Port Ellen 1982 25 ans Platinum de Douglas Laing pour le Pot Still Austria était tout aussi en couleur, mais le whisky était doux, sur le caramel dur, la mélasse, un peu de mousse au chocolat, de baies et d’orange, et modérément tourbée. Très rond. Il est toujours agréable de déguster des Port Ellen car les occasions sont limitées et de plus en plus chers. Le Glen Garioch 21 ans Limited Edition OB était rond, aromatique, relativement lourd et épicé, légèrement parfumé et fumé, sur le gingembre, un peu d’humus, ainsi qu’un peu de mandarine. Le Bowmore 15 ans dans un décanteur en céramique blanche (meme millésime que le Bowore 1988 Glagow Garden Festival ?) était très rond, légèrement savonneux et parfumé, avec une influence dominante du sherry et peu d’influence fumée. J’ai dégusté de meilleurs Bowmore.

En terme de stands visités, je n’ai peu qu’en visiter un tiers en 4 heures. Il y a avait beaucoup d’autres produits que je voulais déguster, dont le nouveau Ballechin 11 ans Cask Strength ou le Glenlivet 1974 41 ans de Signatory pour le Waldhaus am See.  Une grande partie d’entre eux seront disponible lors du Whisky Schiff Luzern en début d’année prochaine, je vais essayer de les visiter lors de ce salon. Comme toujours, les bateaux sont très occupés, même à 18h15 lorsque je suis arrivé. Lors de ce type d’événements, il est toujours préférable d’arriver le plus tôt. Si il serait possible d’ajouter 1-2 bateaux, cela serait le bienvenue, afin de faciliter la fluidité du trafic entre les stands, car il faut parfois attendre 10 minutes avant d’accéder au bar pour y commander son verre. Puisque l’on paie au verre, le choix de whisky est très diversifié, et inclus une belle sélection de vieux whiskies, comme par exemple, chez Monnier ou Acla Da Fans. Petite déception était l’absence des Diageo Special Release 2015.

J’ai fortement apprécié ma visite, ainsi que mes discussions avec les amateurs de whiskies (parfois trop brèves). A l’année prochaine !

Slainte,
Patrick